25.03.2010
FIN
C'est ma dernière note ici.
J'étais arrivé voici un peu plus de deux mois, alors que je tenais déjà un blog sur un autre site depuis 2005. Site où j'ai quand même écrit près de deux mille notes !
Mais voilà, d'une part la technique partait là-bas, complètement en c.... et du coup, beaucoup de bloggueurs se sont fait la malle. Ne restaient que les "institutionnels" - dont bibi - lesquels pour une grande partie s'était transformés en clans.
Je n'appréciais pas du tout cette évolution, et c'est à la suite d'un commentaire que j'avais jugé totalement déplacé (j'avais fait une note sur Haïti, et une internaute - dont en plus j'avais déploré le départ - m'avait alors abreuvé d'injures...) que je m'étais dit, mon petit gars, je me vois mal rester ici avec de telles harpies.
Cependant il ne s'agissait pas de quitter la proie pour l'ombre, et de quitter un site qui certes avait beaucoup changé (en négatif) pour un autre qui ne serait pas beaucoup mieux.
Et c'est finalement sur Hautetfort que j'ai jeté mon dévolu, pour une période "d'essai".
Hautetfort qui est je pense un des meilleurs sites pour qui veut blogguer de belle façon sans toucher à son porte-monnaie. J'entends par là que les blogs gratuits d'Hautetfort sont nettement plus élaborés que les payants sur l'autre site. Superbe présentation, fonctionnalités à foison, statistiques. bref, je pense que j'avais trouvé l'endroit idéal pour tenter mon expérience.
Expérience qui a pas mal commencé. En trois semaines, j'avais en moyenne 85 pages lues par jour, en cinq semaines j'étais arrivé à 100 !
Alors que j'étais le parfait inconnu...
Il est vrai que ma vie, que je racontais, était digne d'un roman. Surtout vers la fin.
Mais une fois arrivé à la fin, j'ai alors commencé à écrire un autre genre de notes, plus "quotidiennes". Et là mes lecteurs sont partis.
mes commentateurs aussi.
En 50 notes, si certes j'ai eu beaucoup de commentaires, j'ai eu très peu de commentateurs. Et - en dehors de ceux de mon autre site qui m'ont retrouvé - je peux les compter sur les doigts d'une seule main.
Ces derniers temps, c'est carrément zéro...
Aussi je pense qu'il est temps de mettre un terme à cette expérience.
Si certes le récit de ma vie vous a passionnés - et je vous en remercie -, le reste apparemment beaucoup moins.
Un blog est pour moi un échange, pas un monologue.
Mais s'il se trouve quelques internautes pour regretter mes écrits, voici les coordonnées de mon autre site, où là je m'exprime sous mon vrai prénom :
http://cicatrice.blogs.psychologies.com/
Voilà, je dis un grand MERCI à tous ceux qui m'ont suivis dans cette expérience, que j'aurais souhaitée définitive, et je vous embrasse.
"Lionel".
18:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
24.03.2010
Ma période corbeau (2003/2009)
Attention !!! Ne pas se méprendre sur la signification du mot !
Pas le style de corbeau qui envoie à tout va des lettres anonymes, à l'instar de celui de l'affaire Grégory !
Non, un corbeau comme celui de la fable de Jean de la Fontaine. Vous savez, l'oiseau qui lâche son camembert AOC parce que ce salaud de renard lui avait dit des choses agréables à son oreille...
Et bien, moi je fus comme ça.
Depuis les quelques années où je me suis retrouvé "blessé" j'avais entendu si peu de compliments que, dès que quelqu'un commençait à m'en balancer, je fondais.
Pire que la Maladetta pendant la canicule de 2003, je fondais à la vitesse grand V !
Vous connaissez, je pense, la fable.
C'est vrai qu'au départ j'étais méfiant.
Comment ça, à moi, pauvre chose méprisée, niée, martyrisée (mais pas encore libérée lol ) on me disait que je serais ci, que je serais ça ? Que je serais le phénix des hôtes de ces bois ?
Et c'est vrai qu'à ces mots je ne me sentais plus de joie. Et ce n'est pas ma proie que je laissais tomber, c'est ma réticence, ma méfiance.
Et, bien, évidemment, comme le corbeau de la fable, je me retrouvais marron.
J'y avais pourtant cru moi à tous ces trucs, comme quoi j'étais un mec génial, dans les bras duquel on aimerait se blottir, que j'étais un ami-sincère-qui-avait-su-ouvrir-les-yeux, que jamais on avait ressenti autant de sentiments qu'avec moi...
Et finalement non. Y avait eu erreur, y avait maldonne. C'était pas ça, c'était pas moi ! Circulez y a plus rien à voir !
Mais le problème, c'est que le jour où on me fera sincèrement des compliments, blindé comme je suis devenu depuis quelque temps je risque de passer à côté...
12:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.03.2010
Ce qui ne vous tue pas vous rend plus... dur
D'avoir raconté sa vie a à la fois des avantages et des inconvénients.
L'inconvénient majeur, c'est qu'ayant basé ce blog sur ma bio, quid de la suite ? Il est fort possible que cette note soit la dernière ici.
L'avantage, c'est que mes lecteurs savent par où je suis passé.
Et qu'ils pourront peut-être partager mon analyse.
J'ai été un parfait légume de 1994 à 1998 inclus, ne faisant que manger et dormir.
Puis le "réveil" en 1999 m'a fait plonger dans la maniaco-dépression. Alternance de périodes d'exaltation et d'abattement.
Mon hypersensibilté se traduisait par exemple par une grande compassion vis-à vis des autres . Combien de nuits ai-je passé sur un forum de discussion m'inquiétant pour untel ou untel qui avait projeté de faire le "grand saut" ? Et la joie qui suivait leur retour - certains ne sont jamais revenus - était proportionnelle à l'angoisse. Des gens que je n'avais jamais vus, et que pour la plupart je ne verrai jamais.
Mais également des creux très très prononcés. Ce n'est vraiment qu'à partir de 2006 que j'ai cessé d'envisager l'éventualité de me supprimer.
Et puis j'ai "pris sur moi". Il me fallait lutter contre pas mal de choses : le handicap de mon épouse, ma solitude sentimentale, mon boulot qui part en c.....
Et je viens de m'apercevoir que si, désormais, je ne pleurais plus pour un oui ou un non, je ne m'enflammais plus non plus. J'ai passé un cap, celui de l'endurcissement. Et les autres sont très réceptifs à ça.
Donc un isolement de nouveau programmé, mais pas pour les mêmes raisons qu'il y a 15 ans.
Mais le résultat est le même, hélas.
Merci de m'avoir lu.
19:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18.03.2010
Deux mois que je suis ici...
J'ai écrit 47 notes.
A ces 47 notes, vous m'avez envoyé 80 commentaires.
Vous avez été 1450 à venir lire mon blog
Vous avez lu 3820 pages du blog.
Je vous adresse un immense MERCI.
Lionel.
16:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17.03.2010
Mende 1994/1997 : j'ai tout compris
C'est une émission de télé qui m'a fait réaliser pourquoi, entre 1994 et 1997, j'étais devenu la "chose" de mon chef-tortionnaire. Ainsi que ma collègue Nathalie.
Tout y était : Au début la phase de questionnement.
Puis au bout d'un certain temps, le fait qu'on se rebiffe.
Puis encore, cette action n'ayant pas pesé assez lourd, qu'on se laisse écrabouiller sans trop réagir.
Je me suis demandé longtemps comment cet individu avait pu ébranler les forteresses - côté boulot j'entends- que nous étions Nathalie et moi.
Nat était la personne la plus travailleuse et la plus capable que je n'avais vue - et que je ne verrai - au cours de ma carrière. Moi j'avais été directeur pendant 4 mois et comme l'Adolf Languedocien l'écrira sur ma feuille de note "j'ai su assurer en même temps que les tâches classiques les fonctions de directeur avec brio".
Et pourtant, en quelques mois (quatre, de juillet à novembre 1994) nous sommes passés - toujours professionnellement - de la case "top" à celle de "légume".
J'avoue que je m'étais toujours posé la question de savoir pourquoi, aussi bien Nathalie que moi, étions arrivés à ce résultat.
La réponse je l'ai eue ce soir : parce que nous nous soumettions trop à l'autorité.
Bêtes et disciplinés, nous refusions à franchir le pas qui nous aurait sauvés. Celui de.... porter plainte, tout simplement.
Je pense que ça l'aurait calmé....
Alors, l'émission ?
Pour ceux qui ne l'ont pas vue, ça s'appelle "choc extrême".
C'est un faux jeu télévisé, dans lequel il y a un bourreau et une victime. Sauf que la victime est - heureusement - un acteur, alors que le bourreau est lui un "monsieur(ou Madame) tout-le monde".
Le bourreau doit poser des questions à celui qui, au départ était présenté comme son partenaire. Du reste il pouvait très bien se trouver à cette place, un tirage au sort (bidon pour les besoins de la cause) ayant désigné les rôles de chacun.
Le "bourreau" n'avait rien à gagner, comme stipulé sur son contrat. Juste poser des questions, et "punir" son partenaire en cas de fausse réponse. Punir à l'aide de décharges électriques.
Au début c'est rien, moins de 100 volts. Une bonne châtaigne comme il nous arrive d'en prendre de temps en temps. Puis ça devient plus sérieux, on passe à la zone 100/200. Et ainsi de suite, de 20 en 20 jusqu'à 460 V. Décharge mortelle pour le commun des individus.
En fait il y aura trois phases dans l'émission.
La première, où la "victime" prendra des décharges légères et fera un "ouille" qui fera rire (comme dirait Coluche : les neeeeeeerrfffs, c'est les neeeeeerfs) la plupart des bourreaux. Qui à ce stade ne le sont pas encore.
Puis, dans la seconde phase, on va arriver au moment où le "partenaire" dira "non, ça fait trop mal, j'arrête". Et de fait, on l'entendre de plus en plus crier puis hurler de douleur.
Là, une petite partie des apprentis bourreaux va dire "stop".
Oui, une petite partie, très exactement... 9 % !!!
Troisième phase, là où la "victime" ne se plaint plus. Fait silence, un silence... de mort.
Là, une seconde fournée va arrêter. Fournée peu fournie, si j'ose dire, 9 personnes, soit 11%.
Les 80% restants iront jusqu'au bout, administrant des décharges de plus en plus fortes sans se soucier de celui qui les reçoit. Et qui, je le rappelle, ne donne plus signe de vie.
A ce stade-là, je crois qu'on peut parler de meurtre. Meurtre certes organisé, urbain, policé, comme le sussure la "gentille" animatrice, qui répète inlassablement "ne vous laissez pas impressionner. De toutes façons, nous couvrons tout ce qui peut se passer."
Alors bien sûr, parmi ces gens-là il est des sadiques revanchards, qui, pour oublier une épouse acariâtre ou un petit chef harceleur, y vont avec jubilation.
Mais 80% !!!!!!
Il n'y a pas 80% de salauds dans la race humaine quand même !
Non, mais comme l'expliquera un savant barbu, ces gens avaient fini par capituler devant l'autorité (l'animatrice qui multipliait les injonctions). Un peu comme ces poilus de 1915 qui sont allés à la boucherie sous les ordre d'un général Nivelle qui mérite qu'on crache allègrement sur sa tombe.
Là, pas d'enjeu, mais pris dans l'engrenage, ces "bourreaux" ne s'apercevaient plus de rien, n'avaient pas le courage de se lever; et de dire "stop", alors que tout leur être réprouvait ce qu'ils faisaient.
Idem pour Nathalie et moi. A un moment donné (là je parle pour moi) j'étais vraiment arrivé à me considérer comme un moins que rien. A force de me l'entendre dire.
C'est ce que l'on appelle - je l'ai appris ce soir - être "agentique".
Il n'y a pas que ce mot que j'ai appris ce soir, c'est le pourquoi de ce processus qui devait nous mener à l'arrachement ultime.
Merci de m'avoir lu.
23:06 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
16.03.2010
Dimanche prochain, un enjeu NATIONAL
Oui, quoiqu'en disent les éventuels futurs perdants - dont Bayrou -, ces élections régionales de mi-mandat sont en fait les seules à portée vraiment nationale.
Pourquoi ?
En fait il y a plusieurs niveaux d'élections.
- Les Municipales, où l'on n'élit pas un parti ou un chef de parti, mais surtout une figure locale. Le meilleur exemple : des maires de gauche dans des villes plutôt à droite (comme Strasbourg ou Lyon), et des maires de droite dans des villes plutôt à gauche (comme Le Havre ou Marseille). dans les 3/4 des cas, les sortants sont réélus, ce qui n'est pas le cas dans les autres élections.
- Les cantonales, qui pourraient elles aussi prétendre à donner une vision nationale, mais elles ne se font que par bouts..
- Les présidentielles, qui ne sont pas représentatives de l'opinion du Pays sur un parti , car on y vote autant pour un homme que pour un parti. Exemple : François Bayrou dont les troupes à l'époque étaient loin de représenter 19% des Français. Idem pour Giscard en 1974 dont les Républicains Indépendants étaient crédités de 10 à 15% à l'époque.
- Les législatives, les seules qui vraiment comptent pour gouverner le pays, sont faussées depuis le quinquennat. Car systématiquement, ces élections, dès lors qu'elles sont accolées à la présidentielle, profitent de l'état de grâce du nouvel élu. Pas une seule exception à la règle depuis 30 ans : 1981; 1988, 2002 et 2007 ont été de celles-là.
- Enfin les Européennes, qui n'ont jamais vraiment fait bouger les foules, ne fournissent pas un échantillon assez représentatif.
Restent donc les Régionales, sondage grandeur nature de ce que pensent les Français.
Qui connaît ne serait-ce que le nom de son président (ou présidente, comme c'est le cas chez moi) de région ? Qui sait quels sont les pouvoirs et prérogatives de la Région ?
En 2004 les Français ont voté PS pour gommer 2002.
2002 où Jospin était le grand favori, mais qui a été battu non pas par Chirac ou Le Pen, mais par la légèreté des électeurs du premier tour. Dont la mienne :(
Si les Présidentielles avaient eu lieu en 2004, voire même en 2003, c'était un(e) président(e) de gauche qui sortait des urnes. Certain...
Voilà pourquoi dimanche il faut aller voter !
18:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2010
La vedette départementale (1982/83)
J'y ai fait allusion dans deux notes, et ce soir je voudrais m'étendre sur ma période "vedette de radio".
Tout a commencé un jour de novembre 81, où, alors que je cherchais un poste sur la bande FM, je suis tombé sur une fréquence dont j'ignorais totalement l'existence. J'avais déjà entendu des radios pirates, notamment à Montpellier et à Marseille, mais "chez moi", l'effet n'était pas du tout le même.
Dès ce jour je devins auditeur assidu de ladite radio, je passai assez rapidement au stade de supporter, et constatant leur manque évident de titres, je leur proposai alors de leur prêter environ 500 disques parmi le millier que je possédais à l'époque.
Au fil des mois, la qualité de cette radio, tant du point de vue des animateurs que de la technique, s'améliorait sans cesse. Tant et si bien qu'au printemps il était difficile pour une oreille non initiée de savoir que c'était une radio non professionnelle.
Je participai souvent à des jeux, et peu à peu, en fidèle auditeur, j'arrivai à connaître la majorité des animateurs. Lesquels me reconnaissaient aussi. Je les admirais bien évidemment, car être derrière le micro avait toujours été chez moi un rêve de gosse.
Je retrouve d'ailleurs, près de trente ans après, la même connivence animateurs/auditeurs dans la radio Fréquence Plus basée à Dole.
En mai, le patron de la radio me proposa d'animer des émissions. En fait, à la fois les animer et "faire la technique". Ne pas faire "du Foucault", c'est à dire uniquement parler derrière le micro et se faire "servir" par un technicien, mais parler et manipuler les manettes en même temps. Celles des micros, des deux platines disques, et des deux platines cassettes. Plus l'insert téléphonique, le cas échéant.
Je m'en sentais parfaitement incapable, et je déclinai sa proposition.
Mais le bougre insistait, et alors pour le décourager, j'acceptai pour être enfin tranquille. Quand il aurait vu le résultat, il n'insisterait plus, et je pourrais redevenir enfin un "auditeur actif", ce qui me suffisait amplement.
C'est le 24 juin 1982 que je fus lâché seul, pour une émission de 3 heures. De 11h à 14h, la tranche la moins écoutée et aussi la moins souhaitée ! Bien entendu je pris soin de m'enregistrer, afin d'apprécier ensuite l' étendue des dégâts ! A 14h, revinrent les deux animateurs vedettes de la radio, Cathy et Régis. Régis était le fils du patron, et Cathy son "amie de coeur". Et à leur mine amusée, je compris très vite que je ne risquais pas de leur faire de la concurrence...
Quand, rendu chez moi, j'écoutai les cassettes, cette impression fut confirmée. Radio "locale" ou pas, ce n'était pas une raison pour y faire n'importe quoi, c'est sûr que c'était un rêve de gosse, mais enfin, il y a des limites au ridicule. Je m'apprêtai à le faire savoir au boss de la radio, mais il me précéda.
"Super ce que tu as fait... tu reviens demain j'espère ?
- hmmm, pas de bol, je viens de me réécouter et j'ai réalisé que la radio et moi on n'était pas passés par la même porte !
- Oui, c'est sûr, il y a quelques "erreurs de jeunesse" , mais je t'assure que tu as un formidable potentiel. Et, de toutes façons, je préfère un véritable animateur à la bande qui passe à cette heure-là... Je te le demande comme un service ! "
Bon, là c'est différent, si c'est pour un service, alors pourquoi pas ? Mais je ne l'aurai pas pris en traître ! Et se succèdèrent alors mes Flash-Back, émissions de trois heures que je réalisais en direct au gré de mes horaires - irréguliers - de travail . Car j'étais bénévole, ne pas l'oublier !
Progressivement, je m'améliorais. Et un jour - bonheur suprême - Cathy et Régis eux-mêmes vinrent me dire que "je me débrouillais vraiment très bien"...
Arriva la grille de rentrée, que tous les animateurs attendaient avec fébrilité. C'était une sorte de distribution des prix, les heures d'antenne étant fixées en fonction de la qualité des animateurs. Les "moins bons" tremblaient, surtout ceux qui passaient souvent à l'antenne. Dont le cousin germain de Régis, Jean-René, animateur "moyen" qui avait droit à 8 heures hebdomadaires.
Cela se corsa quand le boss parla d'un nouveau venu, un certain André, ex-professionnel, et doté d'une voix exceptionnelle. Il lui était alloué... 6 émissions par semaine ! Nous étions "ravis" lol ! Et, un peu sadiquement, on l'entend donner ses "bons points". Jean-René ne se retrouve qu'avec 2 émissions d'une heure et demie, et beaucoup sont dans son cas. Je me revois 20 ans en arrière, lors de la remise des "compositions", le prof distribuant les notes selon un ordre décroissant... Là c'était un peu ça.
Je finis par m'apercevoir que mon tour n'arrive pas, et j'en tire la conclusion - logique - que si je passais très bien comme bouche-trou estival, c'était une autre affaire pour être digne de la grille de la rentrée 82/83. C'est alors qu'il commence à me fixer. Cathy et Régis aussi.
"Cette année j'ai décidé de prendre des risques. En dehors des piliers historiques et incontestés Cathy et Régis , (là les regards sont plutôt dubitatifs) j'aligne deux jokers sur la grille 82/83, André donc, et ... Lionel *."
Je manque défaillir.
J'en pleurerais presque, et en plus je me trouve très très gêné par rapport à ceux qui ont co-fondé la radio, bien avant que j'arrive. Mais tous me rassurent "Non Lionel, tu le mérites amplement, tu passes vraiment très très bien à la radio".
C'est ainsi que je me retrouve avec 22h30 d'antenne par semaine ! Réparties dans 6 émissions différentes, dont une de variétés, un jeu, le hit-parade, une émissions de dédicaces, les informations, et une émission d'actualité quotidienne, "Studio 104" que j'animerai avec Cathy !!! Dans cette émission j'accueillerai pas mal de vedettes, dont Memphis Slim, Dave, Nazaré Péreira, El Chato...
Personne - et surtout moi - n'aurait parié un liard sur le duo Cathy / Lionel. Tout le monde était habitué à Cathy et Régis, pas évident de changer les habitudes des auditeurs .
Mais la mayonnaise va très vite prendre. Une certaine rivalité s'installe entre elle et moi, qui nous galvanise et nous fait donner le meilleur de nous-mêmes. Et, à l'écoute des émissions, on sent bien cette complicité rivale...
Cependant, que "Lionel et Cathy" passent mieux que "Cathy et Régis" ne plaît pas du tout à ce même Régis. En plus il est fou amoureux de sa belle Béarnaise, et me considère comme un double rival.
Au fil des mois, je deviens de plus en plus populaire parmi les auditeurs. J'en fais de plus en plus participer par téléphone dans mes émissions, et ceux-ci m'envoient des compliments à l'antenne ! Plus ça ira, plus ils devront "faire la queue" pour passer dans mes émissions. Certains me diront même avoir essayé plus de 50 fois avant de réussir à m'avoir! C'est la gloire!!
C'est la gloire, et je me prends le melon. Melon entretenu par le fait que chez moi, à 40 kilomètres de la station de radio, personne ne sait que le Lionel de la radio locale, c'est moi !!! Dès que je quitte mon studio, je me transforme en anonyme, signe distinctif néant. Mais à Gap, là je redeviens le Lionel de radio 5, signe distinctif Géant, celui à qui on demande des autographes (si !) celui qu'on se dispute pour danser un slow...
Je me souviendrai toute ma vie du jour où mon chef de bureau (un mec sympa, heureusement) a appris que son agent n'était autre que "le fameux Lionel de radio 5" , à partir de là il ne m'a plus regardé de la même façon, ainsi que mes collègues.
Mais il n'y avait pas que les collègues. Ma popularité déplaisait à de plus en plus de monde.
Tout a commencé par les "trois dirigeants" : le boss, Régis et Cathy. Sans le vouloir du tout, je leur faisais de l'ombre, ils n'admettaient pas qu'un mec venu de nulle part leur souffle la vedette. Et le pompon fut atteint le jour où le Dauphiné Libéré publia un sondage sur les animateurs radio les plus écoutés à Gap.
J'étais en tête !!! Devant Foucault et Macha Béranger !
En dehors des trois dirigeants en question, je m'entendais alors super bien avec tous les autres. Surtout avec André, qui était et qui restera mon modèle dans le domaine. Egalement un certain Eric, un jeune de 18 ans que je réconfortais bien souvent. Combien de fois je l'ai vu pleurer dans mes bras... Alors on allait se réconforter dans un bon resto à couscous !
N'empêche, à partir de ce sondage, les "trois grands" décidèrent d'avoir ma peau radiophonique. Tous les moyens, même les plus vils, furent utilisés pour que je m'en aille (car ils ne pouvaient pas me virer, ça aurait fait trop de bruit) . Ce fut d'abord une lettre-bidon adressée au patron que j'aurais lue. Faux, bien entendu.
Mais très efficace. La rumeur s'entretient très bien de saloperies pareilles.
Ensuite on passa à plus "fin". Par exemple quand un auditeur osait critiquer une émission, c'était forcément "mes copines" qui appelaient !
Puis on en vint carrément aux grands moyens : suppression de la moitié de mes émissions à la grille 83/84. Bronca des auditeurs, à qui le boss expliquait ... que c'était à ma demande ! Bien entendu, si je rectifiais, c'était la porte...
Mais je n'avais encore rien vu.
L'équipe n'était pas soudée. On ne se voyait que peu, on ne faisait que se croiser finalement. Bien entendu il y avait des affinités, comme "les deux Eric", "Eric et Régis", "André et moi"...
Alors, les 3 chefs, usant de l'adage "les amis de mes ennemis sont mes ennemis" se mirent à tisser une méga-toile autour de moi. Ce fut d'abord Régis qui persuada le jeune Eric que je n'étais plus fréquentable. Carotte d'abord : Si Lionel s'en va, il y aura des heures d'antenne de libre pour les autres. (sous-entendu : pour toi en particulier). Bâton ensuite : si tu le soutiens, tu es viré.
Ce jeune homme fragile, un jour craqua et vint me prévenir. Moi, insouciant car je m'apprêtais en convoler en justes - deuxièmes - noces, je pensais qu'il exagérait et, aussi naïf qu'aujourd'hui je ne m'affolai pas outre mesure.
Mais la toile grandissait. Les rumeurs s'entretenaient toutes seules, et comme bien souvent dans ces cas-là on me scrutait au miscroscope, guettant le moindre faux pas où on pouvait trouver du grain à moudre.
Moi je continuais totalement dans mon insouciance, malgré un avertissement d'André "méfie-toi mec, ils veulent ta peau, tu leur fais trop d'ombre"....
C'est le jour où j'organisai un pot en l'honneur de mon futur mariage que je réalisai, enfin. J'avais invité tous les animateurs. Mais ceux-ci avaient reçu l'ordre d'en haut de ne pas venir trinquer avec moi sous peine de "licenciement" ! Et c'est ainsi que ma future femme et moi nous nous sommes retrouvés tout seuls...
Oh, je ne leur en ai pas voulu , car je réalisais que pour eux, la radio représentait quelque chose dont ils ne pouvaient se passer, et eux savaient qu'ils pourraient payer cher ce geste de soutien. Même Eric ne vint pas. Quand à André il était en vacances.
Je me résolus donc à quitter Radio 5. Par un coup d'éclat. Du coup, André, écoeuré, partit aussi. Relation de cause à effet? La radio plongea net, et fut rachetée par un réseau national.
Moi, j'entrai trois mois plus tard dans une petite radio associative, où je ne fis pas de bruit. J'y restai un animateur "comme les autres", je participai activement "dans la coulisse", en tant qu'administrateur - toujours bénévole - et membre du bureau.
Et le jour où j'ai annoncé mon départ, cause mutation, j'eus la joie de voir toute l'équipe réunie autour d'un pot gigantesque.
Du reste, ils m'ont invité pour le quinzième anniversaire. Février 1998, pile à la mort de ma maman..
Les années passèrent.
4 ans après mon départ ce fut un des "deux Eric" qui vint chez moi pour en quelque sorte "s'excuser" de l'attitude de l'équipe.
Puis, beaucoup plus tard, en 1993, l'autre Eric devenu DJ à Aix en Provence, me parla, gêné, de la façon dont il avait été manipulé.
Je suis toujours en contact avec André...
Ce que j'ai tiré de tout ça : Pour vivre heureux, vivons cachés, et surtout évitons d'être populaire !
Merci de m'avoir lu.
* Je rappelle que Lionel n'est pas mon vrai prénom !
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14.03.2010
Femmes
Les femmes que j'ai aimées :
Brigitte
Ghislaine
Jocelyne
Loïcia
Marie-Claire
Marité
Martine
Michèle
Mireille
Nadine
Nathalie 1
Nathalie 2
Sylvie *
Valérie
Les femmes qui m'ont aimé :
Brigitte
Ghislaine
Jeanine
Loïcia
Marité
Mireille
Nathalie 2
Sylvie *
* Mon épouse, le nom a été changé.
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13.03.2010
pourquoi je ne joue pas au loto
Quand le loto s'est créé, en 1976, j'ai été séduit par la formule. Mais je ne voyais pas trop l'utilité de jouer.
Un an après, je la voyais bien cette utilité, vu la vache enragée que ma jeune épouse et moi nous nous tapions, devant le regard amusé de nos deux pères. Elle avait été obligée de travailler en usine, et comme je faisais les 2X12, nous ne nous voyions pas souvent en étant parfaitement crevés.
Alors le loto c'était le rêve. Pouvoir, du jour au lendemain, passer du statut d'indigentsà celui de (nouveaux) riches, j'avoue que ça nous faisait rêver.
Et c'est ainsi que, toutes les semaines, nous nous mÎmes à jouer la même combinaison de chiffres, partant du principe qu'elle finirait bien un jour par tomber.
De temps en temps il nous arriver d'être remboursés, c'est à dire d'avoir trois numéros.
Une seule fois nous avons eu les quatre, ce qui représentait à l'époque l'équivalent d'une cinquantaine d'euros actuels.
Et puis ma jeune épouse m'a quitté. Mes parents ont pris le relais, et ont joué pour moi la fameuse combinaison toutes les semaines. Puis je pris un abonnement mensuel, ce qui leur permettait de ne pas passer au bureau de tabac sans arrêt.
Mais, hélas, toujours rien. Même pas 4 numéros.
En juin 1981 je fus hospitalisé cause tuberculose (j'en parle dans une note, sans citer le nom de la maladie). Mes parents étaient alors aux cent coups et venaient en car me voir à Montpellier (4 heures de transport pour un quart d'heure de visite...).
Bien évidemment, on oublia le loto !
Mais le loto ne m'avait pas oublié, lui... parce que cete semaine-là, mes 6 numéros sortirent !!!
Numéros que, je le rappelle, je n'avais pas joué !
Trois attitudes devant ce coup du sort :
1) Se lamenter.
2) Essayer de "rattraper le temps perdu" en jounant de nouveau, et même plus qu'avant.
3) Mon attitude : Simple. .. Quand je jouais cette combinaison, j'étais perdant à presque tous les coups. Mais là, n'ayant pu la jouer, elle est sortie. Ce qui signifiait clairement que je ne devais pas gagner, pour une raison ou pour une autre. Cela n'était pas inscrit en lettres d'or dans mon Destin, lequel allait quand même me permettre de vivre de sacrées belles choses.
Et du coup j'ai abandonné le loto.
Sauf entre 1997 et 2002, où mes "chers" collègues de Vannes avaient mis au point un loto commun, qui ma foi marchait assez bien puisque les mises étaient - jusqu'à ce que j'arrive - récupérées.
Quand on me demanda si je voulais y participer, j'acceptai pour ne pas être "en-dehors". En leur disant bien qu'avec moi ils n'avaient aucune chance !
Et c'est ce qui s'est produit pendant 5 ans. Oui, pas 6 car le jour où ces ex-chers collègues me firent pleurer en réunion, dès le lendemain je leur annonçai que leur loto, ils pouvaient se le mettre où je pense !
J'espère que depuis 'ils n'ont pas gagné ....
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11.03.2010
Le bonheur en direct live
Ceux qui ont lu jusque-là mon blog caliméresque ont pu aisément constater que ma vie n'a pas été, et de loin, un long chemin jonché de roses...
Et pourtant, pendant 28 mois j'ai été heureux, et surtout... j'en ai eu bien conscience sur le moment !
Enfin, ma définition à moi du bonheur, qui n'est pas forcément celle de tout le monde. Le dico me donne "état de bien-être, de félicité"... Oui, un truc de ce genre, se dire "je me sens bien et j'en profite" !
Donc, 28 mois divisés en deux périodes de 14 (marrant ça !) et à 10 ans d'intervalle.
La première, ce fut de mi-septembre 1971 à mi-novembre 1972.
J'arrivais alors dans une sorte de demi-vie active, dans une école spécialisée, dans la profession que je voulais exercer depuis l'âge de 12 ans.
Non seulement j'étais dans le milieu dont j'avais toujours rêvé, mais en plus j'étais payé pour le faire! Et pas mal en plus.
Je me retrouvais à la fois "riche", "libre" ( je vivais encore chez mes parents mais ce n'était désormais plus une obligation ) et passant mes journées à finalement m'adonner à mon violon d'Ingres, mais cette fois en professionnel.
Mieux : Cette école étant à 30 km de mon domicile, je devais prendre le train, un truc qui m'a toujours fait prendre mon pied, et les quelques 80 minutes de trajet quotidiennes (formule métro + train + solex, je laissais le solex toute la nuit à la gare avec un simple antivol - impensable aujourd"hui) étaient aussi un réel plaisir.
Nous étions quittes le vendredi à midi jusqu'au lundi matin, nous avions le statut scolaire et donc des vacances.
Mon premier investissement (la carte 12/25 ou son équivalent n'existait pas en 1971) fut une carte demi-tarif, valable pour la Bretagne et le Sud-Ouest. Carte avec laquelle je prenais le large dès que le moindre pont se profilait à l'horizon !
Période aussi marquée par ma majorité (21 ans à l'époque) un vrai "sésame" pour les jeunes de ma génération.
Durant cette époque, toujours les mêmes merveilleuses vacances de Noël et les non moins merveilleuses vacances de Pâques Lozériennes
Puis, en juillet, un "voyage d'études" à Malte, dans un quatre étoiles
(Pas tranquille, c'était la première fois que je prenais l'avion....)
Suivi d'un Tour d'Europe avec mon père, mais un peu spécial puisque ce fut en... solex !!!
Puis en août mon arrivée dans mon premier poste.
Là, non seulement j'étais dans un décor de rêve, mais (smiley rougissant) je me faisais draguer par trois nanas ! L'une d'elle devait me toucher (au sens figuré bien entendu) plus que les autres puisque deux ans plus tard je lui mettais l'alliance au doigt...
Et cette belle période de 14 mois prit fin en novembre 1972, quand j'appris que je devais aller "sous les drapeaux".
La seconde période (juillet 82 / août 83) est liée intimement à mes débuts d'animateur de radio.
Elle arrivait en plus après des années grises, celles de mon divorce, d'une maladie qui a failli me coûter la vie.
Même si en juillet 82 je me retrouvais victime d'une autre maladie (paratyphoïde) due à une négligence de ma part, les mois qui suivirent furent géniaux.
Radio, bien sûr, puis la connaissance d'amis de tous horizons connus à l'occasion de stages ou de vacances. J'étais dans ma période "célibataire" dans mon HLM, et j'avais de quoi loger 2 ou 3 couples !
Mon HLM justement...
Rien à voir avec celui de Renaud !
J'ai vécu deux fois dans des HLM. Les deux fois j'étais aux Anges.Ces HLM-là ne se situaient pas dans le "neuf-trois" ou dans le "un-trois", mais le premier à la lisière d'un village authentique du dauphiné (pas de photo, c'était à l'époque ma période "diapo" !) et le second était situé à Embrun, la perle des Hautes-Alpes.
Difficile de ne pas être heureux dans un décor pareil !
J'avais tout ce que je pouvais désirer : exercer le métier que j'aimais, dans un décor de rêve. Mes voisins étaient alors loin de se douter que l'animateur de leur (seule) radio locale qui leur faisait écouter des vieilles chansons des années 60, c'était bibi, connu comme le Loup Blanc dans la préfecture, à 40 km de là...et passant complètement inaperçu chez lui !
C'est vrai, cette côté Dr Jekill et Mr Hyde, la vedette absolue là qui se transformait en Mr tout le monde dans sa petite ville, aurait pu me faire basculer.
Mais est arrivée Sylvie, qui a mis de l'ordre dans ma vie qui était bien plus dissolue que celle de Gérard Floque.
Bonheur à deux pendant les premiers mois. Pas de passion, non, un amour "tranquille" qui ma foi me convenait assez, même s'il ne fera jamais partie de celles - amour se met au féminin quand on l'emploie au pluriel - qui me marqueront à jamais.
En août, vacances "bohèmes" tous les deux, à 30 ans nous avions rajeuni de 10, voire 15, et c'est l' "accueil" de mes beaux-parents qui mettra fin à cette belle période. Le charme était rompu.
J'en connais qui vont penser, en lisant cette note :
Et ta fille? Et Nathalie ? ce n'était pas du bonheur, ca ?
Désolé, mais dans le sens où je prends ce mot, non.
Ma fille est née dans un contexte assez affreux, dont j'ai parlé.
Quant à Nathalie, si vous avez lu toute mes notes la concernant, le mot "bonheur" n'est pas adapté. Disons que nous avons eu des instants de bonheur, mais tellement courts.... Vraiment pas le temps de s'en rendre compte sur le moment, avec les méchantes ombres plus ou moins menaçantes qui se baladaient autour de nous, n'attendant qu'une faiblesse pour attaquer.
Nous avons elle et moi toujours vécu dans la crainte et la façon dont s'est terminée notre belle histoire - ici bas - n'en est que la preuve éclatante.
Voilà, pour moi ce n'était pas 2 minutes 35 de bonheur (seuls les "vieux" de mon calibre pourront comprendre cette référence !) mais bel et bien deux ans et demie.
C'es vraiment énorme quand on s'en rend compte sur le moment, et je remercie le Ciel de me l'avoir accordé.
19:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note






